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Beaujolais Nouveau


Comme tous les ans à la même période (le troisième jeudi de Novembre), le grand retour sur les tables du Beaujolais Nouveau est orchestré. Cette année, sa traditionnelle, sinon mythique, sortie aura lieu le 19 novembre.   Fait rare voir unique dans le monde viticole, sa sortie est régie par la loi et est simultanée dans le monde entier. C’est donc le Jeudi à 00h01 minute que les consommateurs peuvent déguster le fameux breuvage de la nouvelle édition.

Issu de la région du Beaujolais dans le nord de Lyon, le Beaujolais Nouveau est un vin primeur reconnu sous une Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) et obtenu à partir du cépage Gamay. Sa particularité est d’être autorisée à la commercialisation à la fin de sa vinification, c’est à dire qu’aucun vieillissement du vin n’est nécessaire comme préalable à sa commercialisation.

Le Beaujolais fait parti des vins dont les grappes de raisins sont aujourd’hui encore cueillies à la main.  Cette méthode de ramassage est nécessaire à la réalisation de la vinification du Beaujolais qui respecte un processus de fabrication appelé macération carbonique. Cette méthode réside en la fermentation intracellulaire qui consiste en une modification de la composition chimique ayant lieu dans les grains de raisins entiers non écrasés. Les raisins entiers sont déposés dans des cuves de faibles hauteurs alimentées en CO2 pendant une durée pouvant aller jusqu’à 48 heures après l’encuvage. Après avoir été décuvés et pressés, la fermentation du jus de presse sera effectuée à une température avoisinant les 20°C. Cette température permettra d’éviter la perte des arômes acquis durant la fermentation qui s’exerce sur une durée comprise entre 2 et 7 jours.

Mais le Beaujolais ne se résume pas à la traditionnelle biture qu’il engendre à chacune de ses sorties. Il est surtout l’occasion d’un rassemblement entre amis afin de profiter de l’instant et de partager un bon moment. Régulièrement perçu comme une campagne de communication et marketing astucieuse, la sortie du Beaujolais Primeur n’en est pas moins perçue comme une fête populaire et traditionnelle à laquelle beaucoup de ses détracteurs profitent de bons cœurs. C’est en effet en  1951, qu’on retrouve les origines du Beaujolais Nouveau. Suite à la parution d’un arrêté au Journal Officiel interdisant la commercialisation des vins AOC avant la date du 15 décembre, les syndicats viticoles font pression et obtiennent que soient précisées les conditions permettant leur commercialisation. A cette occasion l’appellation Beaujolais Nouveau apparaît. Ce n’est que plusieurs années plus tard, en 1985, que la date du 3ème jeudi du mois de Novembre est réellement arrêtée.

Depuis cette date, les japonais sont les premiers à pouvoir déguster le Beaujolais Primeur dans le monde. Le décalage horaire leur permet de déguster la dernière récolte avant les français.  Cet aspect n’est pas insignifiant si on tient compte de l’aspect international que revêt le Beaujolais. En effet, la production de Beaujolais Nouveau qui est d’environ 450 000 hectolitres (un tiers de la production totale de Beaujolais), est exportée pour moitié en Asie et principalement au Japon, ce qui fait du pays du soleil levant le plus gros importateur mondial de Beaujolais. Les Etats-Unis et l’Allemagne étant respectivement les deuxièmes et troisièmes lieux d’exportation du breuvage.

En France le lancement officiel du nouveau millésime a lieu lors de la fête des Sarmentelles à Beaujeu qui est reconnue comme la capitale historique du Beaujolais. A cette occasion,  un défilé de brouettes dans lesquelles ont été mis des sarments (rameau vert que la vigne pousse chaque année) est enflammé. La mise en perce démarre ensuite aux douze coups de minuit.

Il faut également retenir  que si le Beaujolais Primeur est fêté au mois de Novembre, les Grands Crus Beaujolais se dégustent eux au mois d’Avril et sont plus élaborés. Ces vins restent cependant moins connus malgré une qualité souvent meilleure que leur homologue du mois de Novembre.  Cette précision est d’autant plus significative que le Beaujolais Nouveau ne représente en réalité qu’un tiers de la production du Beaujolais.

Essentiellement connu sous sa forme rouge, le Beaujolais existe aussi Rosé et Blanc. Sous sa forme blanche, le Beaujolais né à partir du cépage Chardonnay et regorge de subtil parfums (les experts vous diront qu’on y perçoit des « douces fragrances d’agrumes et de fruits »). Pour le rosé, comme ses confrères du sud, il est préférable de le déguster bien frais afin de mieux l’apprécier.

Malgré l’événement commercial qui l’entoure, le Beaujolais Nouveau n’en demeure pas moins un vin authentique qu’il faut savoir apprécier et partager. Il est préférable de le servir frais (10°C) et ne répond à aucune accessoirisassions. En effet, le Beaujolais Nouveau peut se déguster dès l’apéritif, ou accompagner entrées ou plats qu’il s’agisse de charcuterie, de fromage, de viande ou de poisson. Son internationalisation démontre aussi qu’il est respectueux des nouvelles tendances et il sera parfait en accompagnement de sushis.

Et surtout n’oubliez pas : « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. »